vendredi 4 avril 2008

Pas une minute

Être "maman de patin", ça peut devenir une job à temps plein... J'explique. Notre patineuse aura, le 13 avril prochain, sa première compétition en couple. Ce qui signifie qu'il fallait intensifier l'entraînement, histoire que cette petite paire qui ne patine ensemble que depuis novembre soit prête pour le grand jour. Aux deux séances des aurores par semaine (à 6 h 30 à l'aréna!) s'ajoutent celle du mercredi, puis de l'entraînement hors-glace le samedi.

Jusque là, ça irait.

Le hic, c'est que la cocotte participe aussi à la Revue sur glace (dont la maman de patin est incidemment co-présidente du comité organisateur), ce qui signifie les répétitions pour les numéros, en plus de celle du petit numéro en solo qu'elle s'est mérité par ses performances en compétition cette année.

Jusque là, ça passe encore.

Ajoutez à ça que la maman de patin est aussi une maman de judo, dont le fils aura une compétition exactement la même journée que la dernière représentation dudit spectacle. On fait quoi, on privilégie qui? Et là, bien sûr, le papa de patin - qui est aussi un papa de judo, bien sûr - doit aussi se couper en deux. On n'a qu'une voiture.

Regardez bien l'horaire. Oka à 9 h pour la compétition de judo. Retour à Brossard à 12 h 30 pour le spectacle de patin. À 15 h, la patineuse quitte, parce qu'elle veut assister au spectacle de danse de sa meilleure amie.

Mais ça n'est pas le pire. Une amie me confiait hier qu'elle aussi jongle avec des horaires dignes du président américain. Je la cite :

Dimanche dernier, Darcy (note : son fils) avait un tournoi de soccer à Lachine.
Le même matin, Dana (note : sa fille, patineuse et amie de ma fille) a une pratique de patinage synchronisé de 7 h à 9 h à Saint-Hubert (autre note : ils habitent eux aussi à Brossard).
Une autre maman prend Dana à 6 h 20, le dimanche matin précisons-le, pour aller à sa pratique de synchro et mon mari et moi partons à 8 h 30 pour Lachine.
Une autre maman et amie transporte Dana de sa pratique de synchro à un autre aréna, pour sa pratique de Revue sur glace (à laquelle participe aussi ma fille). Son propre horaire l'oblige à demander à une troisième maman de superviser Dana.
Pendant ce temps, à 10 h 45, l'équipe de Darcy gagne la partie... ils joueront à nouveau à 14 h.
À 11 h, les joueurs et leurs parents partent en voiture pour aller jour à la finale de la saison régulière. Heureusement, ils perdent. Ils repartent en voiture pour arriver à temps à Lachine pour jouer la seconde du partie du tournoi à 14 h.
12 h 45 : heure du lunch rapide pour tout le monde.
13 h 30 : la troisième maman de patin (qui s'est occupée de Dana au retour du patinage synchronisé) la reconduit à sa partie de baseball, prévue à 14 h 30.
L'équipe de soccer gagne pendant ce temps sa seconde partie du tournoi. Je dois appeler l'équipe de hockey de Darcy pour annoncer qu'il ne pourra pas participer à sa partie de hockey à 16 h à Ville-Mont-Royal parce que la finale du tournoi est à Lachine à 16 h!
Ma mère reprend Dana à sa partie de baseball à 15 h, la ramène à la maison pour qu'elle se change et mange son souper.
17 h 45, en pleine remise de médailles, la mère de mon mari appelle : son avion en provenance de Calgary vient d'atterrir.
18 h, nous quittons pour l'aéroport de Dorval, où on prend grand-maman et la reconduisons à son domicile de Notre-Dame-de-Grâce.
19 h 15 Arrivée à la maison

19 h 30 Mon mari réalise qu'il est en retard pour sa partie de hockey!!

Est-ce que les mères sont vraiment atteintes du syndrôme de la super-woman, ou en fait-on trop pour nos enfants? En même temps, on veut le meilleur pour eux. De mon côté, je me plaignais de mon horaire de fou, mais mercredi dernier, on n'avait pas tant que ça :

14 h 30 Pratique de patinage en couple
16 h 30 Souper rapide... à l'aréna, pas le temps de rentrer à la maison. On mange un sandwich santé, c'est mieux que rien.
16 h 55 Répétition de la Revue sur glace.
17 h 15 Départ de l'aréna, passage à la maison pour reconduire le judoka à son cours de 18 h.
18 h 15 Départ du dojo pour retourner à l'aréna reprendre la patineuse. Direction dojo.
19 h Départ du dojo pour la maison, bains, collation, dodo.

Et mon mari qui marche de la maison à l'école... petite marche de santé de 4 km, puisqu'on a fait le choix écolo de n'avoir qu'une auto, pour assister à une formation de parents puisque nous sommes impliqués en classe, à l'école. Et je ne parle pas de lundi dernier, où mon père a fait le taxi vers le judo pendant que mon mari et moi avions une réunion. Et de l'autre fois où...

Je conclus cette chronique en remerciant publiquement, au nom de mon amie à l'horaire encore plus fou que le mien et en mon nom personnel, tous les grands-parents, amis, entraîneurs, qui ont la générosité de veiller sur nos enfants pendant que nous faisons le taxi ou la gestionnaire d'horaire. Je suis consciente que l'horaire de mes enfants est très rempli, mais quand je vois leur satisfaction et leur plaisir dans leur sport, quand je vois combien cette pratique sportive a des conséquences positives sur leurs résultats scolaires parce qu'ils ont appris à persévérer, je me dis que c'est peut-être le lot des parents qui veulent le mieux pour leurs enfants... mais qui s'oublient eux-même au passage.